Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Fédération Régionale des MFR en Auvergne-Rhône-Alpes

Journée régionale Enseigner à produire/consommer autrement

Marcel Teste président de la MFR de Mozas accueille les participants

Le mardi 11 avril 2017 c’était l’effervescence à la MFR de Mozas. En effet venue de toute la grande Région Auvergne-Rhône-Alpes, une centaine de directeurs, formateurs, administrateurs, jeunes du CA au BTSA en passant par les BAC PRO agricole des MFR se réunissaient à l’initiative d’un groupe de pilotage coordonnée par la fédération régionale des MFR.

La thématique « enseigner et/ou apprendre à produire et consommer autrement ! » pour que chacun réfléchisse à plusieurs grands enjeux :

  • Appréhender le concept agro-écologique dans le cadre sociétal
  • Echanger avec les acteurs d’une filière de la production à la consommation
  • Enrichir ses propres approches par le regard d’experts
  • Echanger sur des pratiques et innovations pédagogiques conduites par les MFR
  • Faire savoir ce que font les équipes pédagogiques en interne et externe.

Marcel TESTE président de la MFR de Mozas et agriculteur de profession a accueilli les participants de tous les départements de notre grande région : MFR du Puy de Dôme, du Cantal, de l’Allier, des Savoie, du Rhône, de l’Ain de la Drôme, de l’Isère, de la Loire, signe de cette diversité essentielle quand on aborde la question de l’agroécologie. Marcel TESTE a donné le ton de cette journée en témoignant de sa perception du métier d’agriculteur depuis quelques décennies, d’une période de production intensive à cette période de recentrage sur les attentes de la société : proximité et qualité.

 

Intervenait ensuite Jean-Luc MAYAUD, professeur des Universités en histoire contemporaine de l’Université de Lyon sur le thème « De l’agricole au rural du rural à la société française, réflexions historiennes et problématiques pour l’action ». Mr MAYAUD a su captiver pendant 1h30 un auditoire en recherche de compréhension sur les grandes évolutions de l’agriculture depuis la révolution industrielle à nos jours, dans un contexte d’une ruralité qu’il convient de questionner. D’une époque où 80% de la population française vivait dans le monde rural tandis que que 20% vivaient en ville, nous sommes aujourd’hui passé à l’inversion de cette tendance avec l’accroissement des pôles urbains. Mr Mayaud a invité les participants à réfléchir aux atouts de la nouvelle ruralité et à ne pas céder au fatalisme qui tendrait à nous faire accepter qu’aujourd’hui tout dépend des métropoles. De l’importance de prendre en compte les besoins spécifiques des territoires ruraux, leur capacité à innover et à préserver une place pour l’agriculture familiale. Ce qui demande que l’accompagnement des jeunes en formation se fasse à l’écoute de leur projet en réinvestissant sur des acquis du monde paysan : le système coopératif expérience formidable d’apprentissage de la démocratie et de la solidarité.Une table ronde a ensuite permis de rassembler des acteurs incontournables de la production agricole à la consommation des produits. Chacun a pu s’exprimer sur sa vision des enjeux paradoxaux du moment : vivre de sa production agricole dans un monde de concurrence mondiale, consommer local, éducation au goût dès le plus jeune âge, mise en place de produits locaux dans la restauration de collective, le rôle de la grande distribution des collectivités territoriales, des élus, toutes ces réflexions avec la contribution de la DRAAF représentant le Ministère de l’Agriculture …  Les intervenants ont ainsi renforcé la nécessaire réflexion des équipes pédagogiques dans l’accompagnement des jeunes en formation par alternance.

 

 

Madame Marylène GANCHOU, adjointe au service régional formation et développement au sein de la DRAAF représentant le Ministère de l’Agriculture a notamment souligné que désormais le virage d’une transition agro écologique était engagée. Cela s’est traduit par un plan de rénovation des diplômes agricoles qui intègre fortement la dimension agro écologique. Tout ceci dans une logique de partage d’expériences pédagogiques au sein de l’enseignement agricole.

Madame Pascale THOMASSON, agricultrice et responsable professionnelle en Haute-Savoie a souligné qu’il était possible de produire dans le respect de l’environnement et que finalement la logique de bon sens paysan ne pose pas de problème dans la mise en œuvre à condition que le produit soit valorisé au juste prix ce que les consommateurs ne sont pas toujours prêts à entendre.

Mr Jean-Claude DARLET agriculteur producteur de noix de Grenoble en agriculture biologique et président de la chambre régionale d’agriculture de l’Isère a insisté sur le raisonnement scientifique, technique et économique nécessaire pour qu’une agriculture familiale de proximité puisse se développer dans le monde rural. Insisté également sur la nécessaire coopération entre tous les acteurs impliqués : producteurs, agronomes, enseignement agricole, grande distribution, …

Mr Pierre MARIGO, formateur et agronome a montré l’intérêt de la connaissance agronomique pour que les systèmes de culture favorisent une production de qualité. La spécialisation a fait perdre la logique de bon sens qui consistait à travailler avec la nature plutôt que contre. On revient aujourd’hui à une science intégrative qui dépasse les clichés sur l’écologie. La biodiversité comme outil au service de la production agricole.
Mr Jean-Pierre GIRARD 1ere adjoint à la mairie de Bourgoin Jallieu a souligné sa grande satisfaction de voir les MFR organiser une telle journée en tant qu’acteur du territoire et de la ruralité. Mr GIRARD a expliqué comment une collectivité comme la ville de Bourgoin Jallieu pouvait au travers des appels d’offre influencer la politique publique afin de consommer davantage local dans les écoles primaires. Influencer aussi les aménagements paysagers pour ne plus utiliser de produits chimiques risques pour la santé humaine. La notion de circuit court c’est aussi produire les plants de végétaux décoratifs en local.

Mr José SILVA, maître de maison de la MFR l’Arbresle dans le Rhône a témoigné sur la façon dont il procédait pour que les repas servis aux jeunes de la MFR soient le plus possible élaborés avec des produits de proximité. Mr SILVA va plus loin puisque l’équipe pédagogique organise des visites des exploitations d’où proviennent des matières premières afin de mieux connaître les conditions de production. Les élèves sont même associés à des ateliers de préparation culinaires, moment fort d’éducation au goût. Mr SILVA a tenu à préciser qu’il ne faut pas oublier le rôle éducatif essentiel des familles.

Mr Jonathan DELATTRE, responsable du magasin Casino aux Avenières a témoigné sur la façon dont la grande distribution pouvait travailler avec les producteurs locaux. Un défi pas simple à relever compte tenu des volumes d’achat nécessaires.  La demande des clients est croissante pour cette alimentation de proximité et la grande distribution collabore de plus en plus avec le monde agricole afin de trouver les solutions d’approvisionnement qui satisfasse tous les acteurs.

Mr Christophe CORBIERE, chef de projet au sein du conseil départemental de l’Isère en charge des politiques visant à favoriser l’introduction de produits de l’agriculture de proximité dans la restauration des collèges. De nombreuses initiatives existent en Isère avec le soutien des élus du département pour aider les filières à se structure pour satisfaire à la demande. A cet effet les marchés publics ont été rendus accessibles pour les structures de proximité.

Mr Jacques RICHARD, président association UFC QUE CHOISIR a expliqué les attentes du consommateur : une alimentation de qualité et la sécurité alimentaire.  L’observatoire de la santé relève une demande forte des consommateurs pour une alimentation qui préserve l’environnement. Nous sommes sortis de l’époque du seul examen des prix, on regarde aujourd’hui la composition des produits. Un paradoxe tout de même, le consommateur n’est pas toujours prêt à augmenter son budget alimentation pour acheter des produits issus des circuits courts et de plus grande qualité… Des efforts à faire de tous les côtés.

A l’issue de la table ronde, Gérard PETIT directeur adjoint à la Fédération régionale des MFR a invité les participants à prendre l’initiative de telles rencontres dans les différents territoires des 75 MFR d’Auvergne-Rhône-Alpes car le dialogue et le bon sens sont possibles dans la rencontre. Amener les jeunes à poser et se poser les bonnes questions, un rôle fondamental des équipes éducatives.

L’après-midi, après un repas sous le signe des produits locaux, 16 ateliers étaient organisés pour que les participants à cette journée découvrent des activités pédagogiques et initiatives de 16 MFR. On peut citer la MFR de Salanche et de Thône sur le commerce équitable, le MFR de Anse sur biodiversité gestion des milieux et pédagogique, la MFR de St Etienne sur un jardin accessible à tous, la MFR de Charentay sur la mise en place d’un marché fermier au cœur de la formation, la MFR de St Barthlémy sur « apprendre à consommer autrement », La MFR de Anneyron et la MFR de Chatte sur le diagnostic d’une exploitation vers une ferme en agriculture biologique, la MFR de Divajeu sur agroécologie et pédagogie de l’alternance, la MFR de Chatte sur la démarche certiphyto, la MFR de Bagé le Chatel sur la méthanisation, la MFR de Ste Consorce sur le label éco-jardin la référence de gestion écologique, la MFR de Gelles sur le numérique collaboratif au service de la connaissance des exploitations de stage, la MFR de Cruseilles sur des études de pratiques agro écologiques dans le contexte des eaux du lac Léman.

 

 

Actions sur le document
    • facebook
    • twitter
    • Imprimer
    • Envoyer à un ami
    • favoris
    • more
Mots-clés associés :